Séminaire de Catherine Kauffmann
« Ce que la philosophie doit à la psychanalyse ».

 

Dès la dialectique de Platon, comprenant le Bien comme épékeina tès ousias (c'est-à-dire « au-delà de l'être »), on trouve une hyperbole présente au cœur même de la pensée, qui l’ouvre et la fonde comme telle, tout en l'excédant. En effet, il y a dès l’origine excès par lequel « toute philosophie (du sens) se rapporte en quelque région de son discours au sans-fond du non-sens »1, un non-sens qui ne peut qu'être enfermé dans le discours fini du logos, sans quoi il se perd dans le labyrinthe ou « palintrope », là où les mortels selon Parménide sont perdus, contraints de se contredire, obstinés à vouloir emprunter le chemin du dire le néant, dont la déesse prévient pourtant qu'il ne peut ni être connu, ni même être dit : chemin clôturé.

Chemin que Derrida voudra, lui, emprunter.

En poursuivant ainsi la posture hyperbolique qui se rejoue notamment avec Descartes, Derrida propose dès lors de soutenir encore plus radicalement l’angoisse de l’instabilité ou les limites de la folie contenues dans toute pensée, celle-ci appelée par là à assumer sa propre errance. Pour cela, il ouvre au plus large le champ des prérogatives de la philosophie en montrant qu’il existe une autre écriture, une archi-écriture excédant toujours le contenant, irréductible à un lieu ou un tenant-lieu, lorsque ni le livre, ni la bibliothèque, ni même l’auteur ne peuvent la situer, puisque cette écriture pense l’espacement, le devenir-absent et le devenir-inconscient du sujet.

C’est alors avec Freud que Derrida repère les mêmes enjeux à propos d’une écriture qui ne s’enferme jamais dans une représentation exposée au sein d’un théâtre, là où l’écriture nous joue une scène. Cette Scène de l’écriture que Derrida travaille à déconstruire avec minutie, se rendant à une amitié infraternelle avec Freud.

Sans doute est-ce alors lorsque Derrida affirme la nécessité d’un immense travail de déconstruction de la complicité de Freud avec la métaphysique que l’hommage à la puissance révolutionnaire de la psychanalyse prend sa pleine mesure. C’est ainsi, en effet que Derrida ne cessera plus, à partir de 1965 et de La grammatologie, par sa lecture des textes de Freud, de faire en sorte que les apports freudiens se déploient au-delà d’eux-mêmes, emportant en ce mouvement une philosophie autre, une autre promesse de la philosophie; là donc où l’hyperbole endure l’extravagance au-delà des schèmes de la représentation, toujours déjà ancrés dans une détermination temporelle classique.

C’est autour de ces enjeux derridiens que nous aurons à cœur de soutenir cette affirmation proposée par Jean-Marie Vaysse, dans son ouvrage L’inconscient des modernes : « Si la philosophie moderne a parlé de l’inconscient sans le savoir, la psychanalyse a fait de la philosophie sans le vouloir. Là où était le sujet moderne, l’inconscient devrait advenir ; là où est advenu l’inconscient la philosophie doit revenir. »

Catherine Kauffmann.

Il se tiendra au 2 rue Paul-Louis Courier (lieu à confirmer)

Les vendredis à 20H45 aux dates suivantes :
24 septembre ; 26 novembre ; 21 janvier ; 25 mars ; 20 mai

Ce séminaire est ouvert à tous après inscription au : 06 81 99 71 39

 

1. Jacques Derrida, L’écriture et la différance –Cogito et histoire de la folie, Seuil, 1967, p. 88.

 

Groupe de lecture de Thomas Sabathier

« Soit Au-delà du principe du plaisir. Par moi ouvert à la première page, sans autre précaution, aussi naïvement qu’il est possible. »

Ouvert à tous, ce groupe travaillera sur Spéculer - sur « FREUD » dans La carte postale. De Socrate à Freud et au-delà. Il se propose d’emboîter le pas de Derrida lisant Au-delà de Freud, pas à pas reprendre ses « déambulations » à travers le texte Freudien.

 

Il se tiendra au 2 rue du commerce (lieu à confirmer).
Chaque deuxième vendredi du mois, à 20h15.

Première réunion le vendredi 10 septembre. 6 à 8 participants.

On s'inscrit en téléphonant au : 06 24 67 34 25

Il est préférable d'avoir lu l’ « Au-delà du principe de plaisir » de Freud.

 

Conférences données par Francis Capron
« La Psychanalyse à supposer... » - 40 ans après -

 

Après 40 années d’exercice de la Psychanalyse peut-être est-il nécessaire de témoigner. Témoigner non seulement de l’expérience acquise, mais aussi des points cruciaux et spécifiques de la clinique psychanalytique, l’évolution de certains concepts et pratiques, du rôle de ses institutions dans sa « supposition » idéologique et théorique, l’influence des faits politiques et sociétaux dans la « supposition » de son influence ou de son inertie, etc.

 

Ces conférences se tiendront les 3 et 4 juin 2022.

Les lieu et horaires vous seront communiqués ultérieurement.

Renseignements au : 06 07 24 29 98