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Hommage à Anne Dufourmantelle.

« Le seul deuil possible est le deuil impossible », aura dit Jacques Derrida. Cette phrase, ces mots viennent s’imposer et se lire à la lettre lorsque nous pensons à Anne Dufourmantelle qui a quitté la scène de la vie, de sa vie, de manière tragique et prématurée.

 

Ne revenons pas sur les circonstances de sa disparition. Elles lui appartiennent, à elle seule comme à sa famille et ses proches. Tentons simplement de trouver les mots pour lui rendre hommage, elle qui par trois fois est venue participer à nos Journées de Tours, participation, chacun s’en souvient, toujours discrète et presque en retrait, mais toujours lumineuse, d’une présence pleine et sensible soutenue par une intelligence de la pensée que l’on ne pourra oublier de sitôt.

 

Elle faisait partie de nos amis car elle avait compris les enjeux modernes d’une compréhension de la psychanalyse aux lumières de la pensée philosophique ouverte sur le monde et non repliée sur elle-même.

 

Nous perdons donc beaucoup, non seulement une amie, non seulement une praticienne douée d’un extraordinaire sens clinique, non seulement une écrivaine, une chercheuse et une créatrice de tous les instants, mais surtout, nous perdons, même si la formule est un peu désuète - mais elle lui va au mieux -, nous perdons « quelqu’un de bien ».

 

Francis Capron.

 


 

PROGRAMME 2016-2017

 

SÉMINAIRE Psychanalyse et déconstruction

 

La poursuite du séminaire de Francis Capron Psychanalyse et déconstruction donné au sein d'Espace Analytique à Paris et de La Société Psychanalytique de Tours à Tours.

 

Ce séminaire est ouvert au public.

Inscription : Francis Capron, 02 47 66 90 73.

Participation de 5 euros à chaque séance du séminaire.

Les vendredis de 20h30 à 22h00.

 

Calendrier Tours :                                                                            

Vendredi 14 Octobre 2016                                                                   

Vendredi 25 Novembre 2016                                                              

Vendredi 13 Janvier 2017                                                                     

Vendredi 17 Février 2017                                                                   

Vendredi 24 Mars 2017                                                                     

Vendredi 12 Mai 2017                                                                        

Vendredi 16 Juin 2017                                                                      

 

Lieu : 2 rue Paul-Louis Courier (à l'angle de la rue des Tanneurs) à Tours.

 

Calendrier Paris :

Lundi 17 Octobre 2016

Lundi 28 Novembre 2016

Lundi 9 Janvier 2017

Lundi 20 Février 2017

Lundi 27 Mars 2017

Lundi 15 Mai 2017

Lundi 19 Juin 2017

 

Lieu : ESPACE ANALYTIQUE, 12 rue de Bourgogne, 75007 Paris.

 

 

GROUPE DE RECHERCHE

 

Ce groupe de recherche se réunit une fois par mois depuis le 23 mars 2013.

Les samedis de 11h à 15h30.

 

Calendrier :

1er octobre 2016

12 novembre 2016

28 Janvier 2017

 

Lieu :  2 rue Paul-Louis Courier (à l'angle de la rue des Tanneurs) à Tours.

 

Inscription préalable auprès de Francis Capron : 02 47 66 90 73.

 

Accès libre aux adhérents après inscription ; 65€ pour les personnes extérieures à la Société.

 

 

ANALYSE DE LA PRATIQUE

 

Animé par Francis Capron, ce groupe s'adressera à de nouveaux praticiens (Psychologues, Psychothérapeutes, Psychanalystes) et fonctionnera selon la méthodologie de l'inter-contrôle dans laquelle chacun(e) sera invité(e) à exposer, à son tour, une prise en charge déjà entamée, ou d'entretiens préliminaires, afin de problématiser une question.

 

Les vendredis de 12h à 13h30.

 

Inscription : Francis Capron, 07 47 66 90 73.

 

Lieu : 2 rue Paul-Louis Courier (à l'angle de la rue des Tanneurs) à Tours.

 

 

Introduction à la lecture de Jacques Derrida

 

Le groupe de lecture animé par Catherine Kauffmann et Isabelle Riffault aura pour thème une Introduction à la lecture de Jacques Derrida.

 

Les vendredis de 12h à 13h30.

 

Inscription : Catherine Kauffmann, 06 81 99 71 39.

 

Lieu : 2 rue Paul-Louis Courier (à l'angle de la rue des Tanneurs) à Tours.

 

 

« UNE JOURNEE AVEC... »

 

La poursuite du projet « Une journée avec... ». Hélène Cixous pourrait être notre première invitée. Il est décidé que l'organisation de cette journee tenterait de se faire de façon conjointe avec Espace Analytique.

 

 

L'inconscient de la Grammaire française

 

Le groupe de recherche animé par Nicole Fontaine autour du thème L'Inconscient de la grammaire française.

Il s’agira de travailler notamment à partir des publications de :

- Michel Arrivé, grammairien, philosophe, linguiste  ayant enseigné à l’Université Paris X Nanterre ;

- François Jullien, philosophe, helléniste et sinologue. Nous lisons la « quatrième de couverture » de son ouvrage Cinq concepts proposés à la psychanalyse. François Jullien propose, notamment dans cet ouvrage, une approche de la psychanalyse sous un jour oblique, la révélant dans son impensé. Cet impensé se construit autour de cinq concepts de la pensée chinoise et interroge le fait de savoir si Freud, en dépit de la révolution qu’il opère, n’est pas demeuré dépendant de l’outillage intellectuel européen ;

- Sylvain Auroux, linguiste. "Recherches sur l'histoire et l'épistémologie des sciences du langage".

 

Toutes les 6 semaines, les vendredis de 12h à 13h30.

 

Calendrier : Il sera précisé ultérieurement.

 

Lieu : 2 rue Paul-Louis Courier (à l'angle de la rue des Tanneurs) à Tours.

 

 


 

Hommage à Elsa Cayat. Au nom de la psychanalyse


Chers amis,

Nous publions en première page de notre site la déclaration de Delphine Horvilleur, prononcée en hommage à Elsa Cayat, praticienne de la psychanalyse, et membre de la rédaction du journal Charlie Hebdo.

Ce texte doit être publié pour plusieurs raisons :

Il est de la responsabilité d'une société de psychanalyse de s'opposer à la barbarie et ceci d'autant plus qu'un membre de la communauté analytique en a été victime.
Bien que rédigé et prononcé par une femme rabbin, ce texte est un texte laïque, profondément respectueux des opinions de chacun, dénonçant l'abusif religieux sous toutes ses formes (le bu et le cru) comme pouvant mener à la dictature. Ce texte est dans la droite ligne d'une psychanalyse laïque définie par Freud.

De ce fait, ce texte rend hommage également à la psychanalyse, et fut donc écrit probablement au nom de la psychanalyse (c'est notre lecture), de sa pratique comme de ses engagements, à l'image de la pratique et de l'engagement d'Elsa Cayat.

C'est donc un magnifique texte d'analysant.

Francis Capron



TEXTE PRONONCÉ PAR LE RABBIN DELPHINE HORVILLEUR LORS DES FUNÉRAILLES D’ELSA CAYAT, LE 15 JANVIER 2015, REPRODUIT EN ACCORD AVEC LA FAMILLE.


Elsa avait l’habitude de commencer chacune de ses séances de thérapie, en disant à ses patients : « Alors, racontez-moi ! ».
Alors j’aimerais que nous écoutions cette invitation qu’elle donnait à la parole de l’autre, et que nous racontions, même si ce cimetière est aux antipodes de son bureau en désordre, même si sa fumée de cigarette ne tournoie plus dans les airs. Racontons ici, en ce lieu, qui fut Elsa Cayat, ce qu’elle fut pour ses parents, ses frères et sœurs, pour sa famille, son compagnon, ses neveux, ses patients, ses collègues, pour sa famille de Charlie Hebdo, pour sa fille.
Il nous faut raconter ici la femme exceptionnelle d’intelligence, de vivacité d’esprit et d’humour que vous avez connue. Il faut raconter la vie d’une femme hors du commun comme on raconte une histoire – et je crois qu’elle adorait les histoires. Comme elle adorait les livres.
Adolescente, elle avait dit à sa sœur : « Tu dois lire au moins un livre par jour ! Nietzsche, Heidegger, Freud... Peu importe ! ». C’était là le régime minimal de la culture et de l’amour du savoir et des mots tel qu’elle les concevait.
Elsa aimait passionnément les livres, surtout les polars... parce qu’elle adorait les intrigues et les romans qu’on ne peut plus lâcher et qu’à la fin, disait-elle, « on découvre toujours l’identité de l’assassin, et même son mobile ».
Quel assassin, quel mobile font que nous l’accompagnons ici aujourd’hui ? Qu’aurait-elle dit de cette intrigue-là ? Peut-être qu’elle aurait su en rire, qu’elle aurait même pu partir dans un éclat de rire contagieux.
Je sais combien sa présence manque déjà à tant de gens réunis ici, proches, familles, patients, confrères, voisins. Elle avait tissé des liens avec tant d’êtres et ne laissait personne indifférent.
En tant de points, elle avait créée son unicité, sa façon d’être hors du commun.Y compris dans sa pratique psychanalytique dont d’autres parleront bien mieux que moi. Elle n’était ni freudienne, ni lacanienne. Elle était « Cayatienne », une école à part, l’école de quelqu’un qui chérit la liberté au point de l’enseigner continuellement à l’autre, l’école de quelqu’un qui sait vous scruter en profondeur et vous dire exactement où ca fait mal, où placer les mots, comment jouer avec eux pour que le langage vous soigne.
Ces jeux de mot, cette passion du langage et du débat, vous le savez, est très chère au judaïsme et à ses sages. Je me dis qu’elle aurait peut-être pu faire un très bon rabbin – qu’elle ne m’en veuille pas de lui dire cela, à elle, la juive laïque, l’athée pratiquante.
J’espère qu’elle ne m’en voudra pas non plus, elle qui aimait tant les histoires et les intrigues, de vous raconter à sa mémoire une histoire, un enseignement du Talmud qui me semble parler un peu d’elle.
Le Talmud raconte un célèbre débat entre des grands sages à la maison d’étude. Ils débattent comme ils savent si bien le faire. Le ton monte et chacun défend avec passion et virulence son point de vue. Imaginez l’ambiance d’une conférence de rédaction à Charlie Hebdo, transposée au monde de la Yeshiva.
Rabbi Eliezer dit alors : « J’ai raison, j’ai forcément raison. Pour le prouver, dit-il, que cet arbre soit immédiatement arraché ! » Dans la seconde, l’arbre est déraciné et planté 100 mètres plus loin. Réaction des autres rabbins : ils haussent les épaules : « Et alors ? Cela ne prouve rien ! »
Alors, Rabbi Eliezer poursuit sa démonstration : « Si j’ai raison que les murs de la maison d’étude s’effondrent sur nous ». Immédiatement, les parois de la Yeshiva commencent à s’affaisser. Les autres sages se tournent vers les murs et leur disent : « De quoi je me mêle ? Ceci est un débat entre les sages, ne bougez pas et restez en place ! » Les murs s’immobilisent. À bout d’arguments, rabbi Eliezer en appelle à Dieu lui- même et dit : « Si j’ai raison qu’une voix céleste le confirme ». Immédiatement, une voix céleste annonce : « Rabbi Eliezer a raison ». Silence à la maison d’étude. Alors, se lève un homme, Rabbi Yoshoua et il dit à Dieu : « cette discussion ne te regarde pas ! Tu nous as confié une loi, une responsabilité, maintenant elle est entre nos mains. Tiens-toi loin de nos débats. »
Voilà comment les rabbins du Talmud parlent à Dieu, avec une certaine insolence, en lui disant : « N’interviens pas dans les débats des hommes, car la responsabilité que tu nous as confiée est entre nos mains. » Cet épisode s’achève de façon plus étrange encore, par la réaction de Dieu. En entendant cela, affirme le Talmud, Dieu se met à rire et il dit avec tendresse : « Mes enfants m’ont vaincu ! ».

À L’HEURE QU’IL EST, DIEU EST PEUT ÊTRE DÉJÀ SUR LE DIVAN D’ELSA

Pourquoi vous raconter cette histoire ? Quel rapport a-t-elle avec Elsa ? En apprenant à découvrir son univers ces derniers jours, il m’a soudain semblé que cette histoire était très « cayatienne ».
C’est l’histoire d’un divin qui rit et se réjouit d’une humanité impertinente, d’une humanité qui dit avec humour à son dieu « Prière de ne pas déranger – nous sommes aux commandes ».
C’est l’histoire d’un dieu qui rit et se tient à distance, d’un dieu qui se réjouit qu’on lui dise : le monde est « athée », au sens littéral du terme, c’est à dire que Dieu s’en est retiré pour que les hommes agissent en êtres responsables. Ce dieu-là n’est pas le dieu des Juifs mais le dieu de tous ceux qui, croyant en lui ou n’y croyant pas, considèrent que la responsabilité est entre les mains des hommes, et tout particulièrement de ceux qui interprètent ses textes. Bref, un dieu de liberté.
Dans sa toute dernière chronique, publiée à titre posthume dans Charlie Hebdo, hier matin, Elsa écrit :« La souffrance humaine dérive de l’abus. Cet abus dérive de la croyance, c’est-à-dire de tout ce qu’on a bu, de tout ce qu’on a cru. »
Tel est son dernier et puissant message : Soyez assez libres pour dépasser tout ce qui vous a abusé, c’est à dire tout ce qu’on vous a fait ‘boire’ au biberon, tout ce qu’on vous a fait avaler tout cru, sans que vous ne l’ayez pensé, repensé et, surtout, interprété. Tel est l’héritage de la psychanalyse, de la pensée critique, et (je veux le croire) d’une pensée religieuse mature et vivante.
Les héritages, les croyances, et les textes – surtout les textes – sont là pour être interprétés, pour être digérés, parfois très loin de leur sens littéral. Sans cela, ils nous aliènent, nous enferment dans la souffrance, nous imbibent de leur abus. Ils nous condamnent.
Cette toute dernière chronique, ce dernier message d’une intelligence profonde, est comme sa toute dernière séance de thérapie, pour tenter de nous faire aller un peu mieux, au cœur de la tragédie.
À l’heure qu’il est, Dieu est peut être déjà sur le divan d’Elsa. C’est à lui qu’elle dit : « Alors racontez-moi ! », tandis que les volutes de sa cigarette forment des nuages sur nos têtes.
Puissiez-vous envelopper de votre affection ses proches, ses parents, sa famille, et surtout sa fille. Qu’elle chante encore dans la rue, comme elle le faisait avec sa mère. Qu’elle soit nourrie du souvenir précieux d’une mère hors du commun, qui aimait la vie et dont nul ne peut assassiner le souvenir.
Que, selon les mots de notre tradition, son souvenir soit tissé dans le fil du vivant. Que son histoire soit cousue à vos existences – après tout, son nom de famille « Cayat », signifie « couturier », à la fois en hébreu et en arabe – et puissions-nous chérir ensemble la mémoire d’une femme libre.



Groupe de lecture

« J'ignore combien d'entre vous connaissent la psychanalyse par leurs lectures ou par ouï-dire. Mais le titre même de ces leçons : Introduction à la Psychanalyse, m'impose l'obligation de faire comme si vous ne saviez rien sur ce sujet et comme si vous aviez besoin d'être initiés à ses premiers éléments. » Freud

Ouvert à un public naïf et curieux des manifestations de l’inconscient, ce groupe travaille depuis Janvier 2013 sur l’« Introduction à la psychanalyse », série de conférences que Freud donna de 1915 à 1917 et sur les « Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse », rédigées en 1933.

  • 6 à 8 participants.
  • Inscription et demande de renseignements : Chantal Wittenberg, 02 47 75 18 14.
  • Rythme : une fois par mois, de 20h30 à 22h30.
  • Prochaines réunions :

18 Octobre 2016
22 Novembre 2016
20 Décembre 2016