PSYCHANALYSE et DECONSTRUCTION

 

Jacques Derrida en sa qualité de philosophe se présente toujours comme étant l’héritier et « l’ami de la psychanalyse ». Or l’ami, selon lui, doit toujours se garder la réserve ou le retrait nécessaire à la critique. C’est donc par amitié ou mû par une Politique de l’amitié1 que le philosophe, héritier de la psychanalyse, se doit de rester vigilant à constater les thèmes métaphysiques à l’œuvre dans les concepts fondateurs de la psychanalyse.

 

Lire le texte psychanalytique sera d’inaugurer d’un double geste : marquer ou remarquer chez Freud une ressource qui n’avait pas encore été lue, mais du même coup soumettre « le texte » Freud ( la théorie tout comme l’institution) à une lecture déconstructive. Il en sera de même pour « le texte » Lacan.

 

En cette déconstruction, il s’agira en fait de rendre à la psychanalyse sa puissance révolutionnaire, puissance qu’elle semble désormais avoir perdu en étant peut-être devenue, bien malgré elle, une thérapeutique parmi les autres.

 

En cette déconstruction, nous suspecterons l’autorité du langage en introduisant la question de la trace qui n’est pas encore langage et qui n’est pas plus humaine qu’animale. Ainsi le sens ne se trouverait pas, il se retrouverait en étant réactivé ou remis à jour des décombres de l’histoire par une quête archéologique qui, à elle seule, inaugure d’une nouvelle conception du temps comme d’un éclairage nouveau concernant la mémoire portée par un sujet reconnu divisé, mémoire qui ne pourra plus jamais se vivre dans l’immédiateté d’un sens présent, mais en différance ou en différé malgré l’apparente fulgurance de son intuition.

 

D’où toutes les questions relatives à la divisibilité de la lettre comme de sa destination. Toute adresse à l’autre et, conséquemment, toute correspondance, toute apostrophe, parce qu’elles ne dérivent pas d’une origine assignable, peuvent toujours ne pas arriver, manquer leurs destinataires. « Le texte de la Carte Postale2 en son ensemble inscrit, d’un voyage à l’autre, la « destinerrance » de l’inscription même. Libéré de toute mise en demeure, l’événement de l’abord de l’autre en général doit paradoxalement sa chance à la possibilité de manquer son but. »3

 

Nous commenterons alors cette affirmation de Derrida : « […] c’est parce qu’il n’y a pas d’élément indivisible ou d’origine simple que l’analyse est interminable. La divisibilité, la dissociabilité et donc l’impossibilité d’arrêter une analyse, comme la nécessité de penser la possibilité de cette indéfinité, telle serait peut-être, si on y tenait, la vérité sans vérité de la déconstruction. »4

 

1. Jacques Derrida, Politiques de l’amitié, Paris, Galilée 1994

2. Jacques Derrida, La Carte Postale, De Socrate à Freud et au-delà, Paris Flammarion1980

3. Jacques Derrida et Catherine Malabou, La Contre-Allée, Voyager avec, La Quinzaine Louis Vuitton, Paris 2009, p 26

4. Jacques Derrida, Résistances - de la psychanalyse, Paris Galilée, 1996, p 48

 

Francis CAPRON

 

Ce séminaire sera donné au d'ESPACE ANALYTIQUE à Paris et de la Société Psychanalytique de Tours, à Tours

 

Calendrier Paris :

Lundi 17 Octobre 2016

Lundi 28 Novembre 2016

Lundi 9 Janvier 2017

Lundi 20 Février 2017

Lundi 27 Mars 2017

Lundi 15 Mai 2017

Lundi 19 Juin 2017

 

Lieu : ESPACE ANALYTIQUE, 12 rue de Bourgogne, 75007 Paris.

 

Calendrier Tours :                                                                            

Vendredi 14 Octobre 2016                                                                   

Vendredi 25 Novembre 2016                                                              

Vendredi 13 Janvier 2017                                                                     

Vendredi 17 Février 2017                                                                   

Vendredi 24 Mars 2017                                                                     

Vendredi 12 Mai 2017                                                                        

Vendredi 16 Juin 2017                                                                      

 

Lieu : 2 rue Paul-Louis Courier (à l'angle de la rue des Tanneurs) à Tours.