La Société Psychanalytique de Tours

La Société Psychanalytique de Tours est une association loi 1901. Elle s’inscrit dans le prolongement de l’œuvre de Freud et souhaite promouvoir l’exercice de la psychanalyse en tant que discipline indépendante de la médecine et des diverses formes de psychothérapies. Elle se dotera, à court et moyen termes, des outils de formation et de réflexion jugés indispensables à la connaissance de la psyché. Cette association a pour but de préserver l’indépendance et l’autonomie de l’exercice de la psychanalyse face aux asservissements de tous ordres qui menacent actuellement sa spécificité.

Concourir à la formation et à la réflexion de ceux qui pratiquent déjà la psychanalyse indépendamment de leur appartenance à une école ou à une institution psychanalytique déjà existante. Elle s’adresse aussi à ceux qui désireraient acquérir les connaissances et la culture indispensables à l’exercice de cet art. Ses actions peuvent concerner un public plus large qui, s’intéressant aux manifestations de l’inconscient, pousserait la curiosité jusqu’à suivre les sessions de formation proposées par la Société. La visée de La Société Psychanalytique de Tours est donc éminemment culturelle par la promotion et les exigences qu’elle définit pour la pratique de la psychanalyse. Elle tendra donc à rendre accessible la cure psychanalytique au plus grand nombre en inscrivant ses actions en résistance à l’oppression sociale et politique souvent relayée par les institutions soignantes existantes.




Eric Marty - Le sexe des Modernes – Pensée du Neutre et théorie du genre

La Société Psychanalytique de Tours
organise une journée de rencontre autour d’Eric Marty à propos de son dernier ouvrage
Le sexe des Modernes – Pensée du Neutre et théorie du genre
Mairie de Tours – salle Anatole France B
Le samedi 28 mai de 10 heures à 18 heures


 


Éric Marty dans son dernier opus, Le sexe des Modernes – Pensée du Neutre et théorie du genre, publié en mars 2021, nous convoque à une enquête minutieuse. Si auparavant, son souci a été de repérer les enjeux de la pensée au début du XXème siècle, notamment ceux des apports de la psychanalyse dont la théorie des pulsions aura auguré des ravages de la plus tragique barbarie en Europe1, cette fois, c’est au gré d’un itinéraire dont l’éclairage se tourne vers la fin du siècle, qu’Eric Marty énonce l’histoire de l’émergence d’un signifiant nouveau, porteur d’un questionnement épistémologique pour la pensée à venir, celui de genre. Retraçant les fondements de la pensée du Neutre, il montre comment les penseurs - principalement français, Deleuze, Barthes, Derrida et Foucault, ou encore Lacan, certes à part, mais considéré comme le maître du jeu autour de ces questions du genre – comment ces penseurs européens donc, sont à la fois raillés comme « romantiques » du côté américain et néanmoins récupérés et orientés vers une « théorie du genre » (gender studies), portée par celle qui en sera désignée comme la Reine : la philosophe américaine Judith Butler.


Les questions qui jalonnent l’ouvrage constituent une archéologie intellectuelle, celle de la constitution d’un « savoir », afin de mieux discerner comment celui-ci s’établit nécessairement par la déconstruction des concepts dont il hérite. Mais, alors que l’intérêt et la vitalité d’une pensée proviennent sans nul doute de sa capacité à faire « novation » par effets de ruptures ou d’opposition, la théorie du genre paraît être plutôt une pensée de la prolifération où les concepts ne sont plus considérés pour la valeur de coupure qu’ils initient au sein d’une épistémè, mais comme un spectre illimité de nominations, d’emprunts tronqués, une dynamique prolifératrice, euphorique, du signifiant gender. C’est alors seulement à partir de ce signifiant genre, se substituant à celui de sexe, que pourrait se penser une positivité du performatif afin que se dérèglent les injonctions à la norme issues d’un sociologisme inflexible. En cela, il semble que l’on puisse faire un parallèle entre les processus de la pensée de Butler, et ce que voudrait soulever les gender à partir du terrain des pratiques sexuelles, à savoir la prolifération infinie des possibilités de genres, de leurs combinatoires.


Dans ce jeu intellectuel qui trouble, c’est-à-dire qui fait et défait le savoir et ses concepts, tout autant que le genre, qu’advient-il alors de la question du sujet et de celle de sa souveraineté lorsque celui ci se démet de la loi de la différence des sexes ?  Et finalement, n’est-ce pas aux abords de ces interrogations vertigineuses autour de la subjectivité, que la psychanalyse est, elle aussi, interpellée à la responsabilité éthique d’enfin « prendre place dans ce trouble2  » qui « mérite égards et patience3  » ?


 


Catherine Kauffmann.


1 Voir Eric Marty, Pourquoi le XXème siècle a-t-il pris Sade au sérieux ?, Éditions du Seuil, mars 2011.
2 Allusion aux propos d’Éric Marty dans Le sexe des Modernes – Pensée du Neutre et théorie du genre, Editions du seuil, mars 2021, p. 24, lorsqu’il cite Lacan dans L’instance de la lettre dans l’inconscient ou la raison depuis Freud : « ‘’C’est qu’à une vérité nouvelle, on ne peut se contenter de faire sa place, car c’est de prendre notre place en elle qu’il s’agit’’ ». E. Marty ajoute : « Si Lacan et Barthes ont fait sa place à la notion de genre, à l’évidence ils n’ont pas pris place en elle. »
3 Allusion à l’épigraphe de Le sexe des Modernes – Pensée du Neutre et théorie du genre : « Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience. » René Char.


 

Rendez-vous 2021-2022

 

Séminaire de Catherine Kauffmann
« Ce que la philosophie doit à la psychanalyse ».


 


 


 


Dès la dialectique de Platon, comprenant le Bien comme épékeina tès ousias (c'est-à-dire « au-delà de l'être »), on trouve une hyperbole présente au cœur même de la pensée, qui l’ouvre et la fonde comme telle, tout en l'excédant. En effet, il y a dès l’origine excès par lequel « toute philosophie (du sens) se rapporte en quelque région de son discours au sans-fond du non-sens »1, un non-sens qui ne peut qu'être enfermé dans le discours fini du logos, sans quoi il se perd dans le labyrinthe ou « palintrope », là où les mortels selon Parménide sont perdus, contraints de se contredire, obstinés à vouloir emprunter le chemin du dire le néant, dont la déesse prévient pourtant qu'il ne peut ni être connu, ni même être dit : chemin clôturé.


 


Chemin que Derrida voudra, lui, emprunter.


 


En poursuivant ainsi la posture hyperbolique qui se rejoue notamment avec Descartes, Derrida propose dès lors de soutenir encore plus radicalement l’angoisse de l’instabilité ou les limites de la folie contenues dans toute pensée, celle-ci appelée par là à assumer sa propre errance. Pour cela, il ouvre au plus large le champ des prérogatives de la philosophie en montrant qu’il existe une autre écriture, une archi-écriture excédant toujours le contenant, irréductible à un lieu ou un tenant-lieu, lorsque ni le livre, ni la bibliothèque, ni même l’auteur ne peuvent la situer, puisque cette écriture pense l’espacement, le devenir-absent et le devenir-inconscient du sujet.


 


C’est alors avec Freud que Derrida repère les mêmes enjeux à propos d’une écriture qui ne s’enferme jamais dans une représentation exposée au sein d’un théâtre, là où l’écriture nous joue une scène. Cette Scène de l’écriture que Derrida travaille à déconstruire avec minutie, se rendant à une amitié infraternelle avec Freud.


 


Sans doute est-ce alors lorsque Derrida affirme la nécessité d’un immense travail de déconstruction de la complicité de Freud avec la métaphysique que l’hommage à la puissance révolutionnaire de la psychanalyse prend sa pleine mesure. C’est ainsi, en effet que Derrida ne cessera plus, à partir de 1965 et de La grammatologie, par sa lecture des textes de Freud, de faire en sorte que les apports freudiens se déploient au-delà d’eux-mêmes, emportant en ce mouvement une philosophie autre, une autre promesse de la philosophie; là donc où l’hyperbole endure l’extravagance au-delà des schèmes de la représentation, toujours déjà ancrés dans une détermination temporelle classique.


 


C’est autour de ces enjeux derridiens que nous aurons à cœur de soutenir cette affirmation proposée par Jean-Marie Vaysse, dans son ouvrage L’inconscient des modernes : « Si la philosophie moderne a parlé de l’inconscient sans le savoir, la psychanalyse a fait de la philosophie sans le vouloir. Là où était le sujet moderne, l’inconscient devrait advenir ; là où est advenu l’inconscient la philosophie doit revenir. »


 


Catherine Kauffmann.


 


Il se tiendra au 2 rue Paul-Louis Courier (lieu à confirmer)


 


Les vendredis à 21h aux dates suivantes : 25 mars ; 20 mai


 


Ce séminaire est ouvert à tous après inscription au : 06 81 99 71 39

1. Jacques Derrida, L’écriture et la différance –Cogito et histoire de la folie, Seuil, 1967, p. 88.


 



Groupe de lecture de Thomas Sabathier


 


« Soit Au-delà du principe du plaisir. Par moi ouvert à la première page, sans autre précaution, aussi naïvement qu’il est possible. »


 


Ouvert à tous, ce groupe travaillera sur Spéculer - sur « FREUD » dans La carte postale. De Socrate à Freud et au-delà. Il se propose d’emboîter le pas de Derrida lisant Au-delà de Freud, pas à pas reprendre ses « déambulations » à travers le texte Freudien.



 


Il se tiendra au 2 rue du commerce (lieu à confirmer).
Les vendredis à 20H45 aux dates suivantes :
4 mars ; 1er avril ; 6 mai


 


On s'inscrit en téléphonant au : 06 24 67 34 25


 



Il est préférable d'avoir lu l’ « Au-delà du principe de plaisir » de Freud.



 


Conférences données par Francis Capron
« La Psychanalyse à supposer... » - 40 ans après -


 


Après 40 années d’exercice de la Psychanalyse peut-être est-il nécessaire de témoigner. Témoigner non seulement de l’expérience acquise, mais aussi des points cruciaux et spécifiques de la clinique psychanalytique, l’évolution de certains concepts et pratiques, du rôle de ses institutions dans sa « supposition » idéologique et théorique, l’influence des faits politiques et sociétaux dans la « supposition » de son influence ou de son inertie, etc.



 


Ces conférences se tiendront les 3 et 4 juin 2022.


 


Les lieu et horaires vous seront communiqués ultérieurement.


 


Renseignements au : 06 07 24 29 98


 
 



 

«En thérapie»: la psychanalyse redécouverte

6 févr. 2021/ Par Stéphane Habib / Blog : Le blog de Stéphane Habib

 

Avec «En thérapie», ce que viennent de faire E. Toledano et O. Nakache, c’est un petit tremblement de terre dans la réception de la psychanalyse en France. En thérapie réussit là où toutes et tous, psychanalystes, théoriciens des sciences humaines, lecteurs de Freud, ne pouvaient qu’échouer. Plus encore, ils font de la psychanalyse un synonyme du politique : l’inquiétude pour la survie des corps parlants les uns avec les autres. Où s’entremêlent inextricablement le singulier et le multiple, l’unique de la parole et le pluriel des corps.
 

On pourra pincer les lèvres et prendre cette petite voix méprisante de celles et ceux qui considèrent que la chose de masse ne peut qu’être vulgaire et forcément caricatural ce qui s’adresse au plus grand nombre. D’ailleurs avec cette voix-là on affirmerait du haut d’un savoir et d’une expérience que, franchement : non ! Voire deux fois non.

Non 1 : à la psychanalyse. Trop longue, trop coûteuse, trop compliquée, trop vieille, trop inefficace, trop XX° siècle en somme. Aujourd’hui il y a tellement de méthodes innovantes et de thérapies brèves sans trop de blabla et de chichis : en somnolant, en respirant, en criant, en souriant, en regardant de la lumière, en se répétant deux-trois phrases devant la glace tous les matins, en s’étirant, en s’assouplissant…

Non 2 : et puis de toutes façons, ça n’est pas ça la psychanalyse. Ou avez-vous vu en France qu’on enlève ses chaussures, qu’on s’assoit et se lève à sa guise au cours des séances, qu’on va aux toilettes, vomit sur un tapis, boit un café, demande un verre d’eau et qu’on ne paye pas après chaque séance ? Où avez-vous vu que la ou le psychanalyste s’enquiert de l’état de sa patiente ou de son patient à la fin d’une séance pénible et lui propose un taxi. Où enfin (on pourrait continuer longtemps mais ces lèvres si serrées, ce doigt sur la couture des manuels et cette voix haut perchée sont une pose finalement assez douloureuse qu’on ne peut tenir trop longtemps) qu’on passe autant de temps en explication des processus psychiques inconscients ? La, le psychanalyste ne fait pas de cours de psychanalyse à ses analysant.es.

Le Docteur Dayan devant ces deux « non » en série aurait invoqué, à coup sûr, la logique du chaudron. Et voilà qu’on se met à citer Dayan comme on pourrait évoquer Mélanie Klein ou Karl Abraham !

Eh bien oui. Et il y a fort à parier que ce que viennent de faire Eric Toledano et Olivier Nakache (mais encore avec eux : Mathieu Vadepied, Pierre Salvadori et Nicolas Pariser, et, parce que c’est un collectif et que ce n’est pas un détail, l’écriture, dans le passage à l’image de la chose analytique, les scénaristes David Elkaim, Vincent Poymiro avec Pauline Guena, Alexandre Manneville, Nacim Mehtar) par l’adaptation de cette série originellement israélienne, c’est un petit tremblement de terre dans la réception et l’image de la psychanalyse en France en ce moment même. C’est peu dire qu’elle avait perdu de sa superbe. Que le triste sire Onfray pérorant sur les plateaux télé à partir de son argument massue « j’ai lu tout Freud dans l’ordre chronologique des Œuvres Complètes » tirant ainsi à la kalach (Reda Kateb-Adel Chibane nous inspire) sur une ambulance en panne, avait eu son petit effet, entraînant avec lui les amie.s du déclin et de la réaction.

En thérapie réussit là où toutes et tous, psychanalystes, théoriciens des sciences humaines, lecteurs de Freud, de Lacan et de quelques autres ne pouvaient qu’échouer (médiatiquement parlant, il est toujours trop long et fastidieux de démonter un préjugé, de faire trembler un mensonge par le discours rationnel et l’analyse argumentée.) Comment ? Paradoxalement, en prenant le contre-pied de Freud. En relevant un défi lancé par l’inventeur de la chose dont ils ont su s’emparer. En lui portant la contradiction (du moins de prime abord). En effet, c’est Freud lui-même qui a posé que la psychanalyse n’était pas représentable par l’image. Ni ses concepts, ni sa pratique.

Ce qui est vrai, du reste. Et il y a fort à parier que, ni Eric Toledano, ni Olivier Nakache n’ont jamais prétendu représenter la psychanalyse. Mais ce qu’ils ont compris devant ce massif de l’irreprésentable, c’est que c’est là le moteur de la représentation. Qu’une représentation digne de ce nom ne désire que l’irreprésentable. Ce qui ne signifie pas qu’elle finit par le réduire, l’irreprésentable, à ce qui est représenté, mais qu’elle tourne autour de ce qui toujours et malgré la représentation, reste irreprésentable. Freud devient, par là même, dans cette série pour la télévision, pris aux mots et source du désir de représentation.

C’est pourquoi, cette mise en images, par la simple suite de champs-contrechamps finement rythmés, permet de donner à penser et à voir ce que c’est, ce qui se joue, ce qui se passe, avec et dans la psychanalyse. En Français la langue parle d’elle-même qui dit : « donner une bonne image ». Les psychanalystes peuvent leur en savoir gré. Pas seulement parce que les cinéastes suscitent de nouveau la curiosité pour leur discipline. D’ailleurs, il faudra sûrement un jour faire un documentaire ou une enquête sociologique sur l’effet d’En thérapie. dans les cabinets des psychanalystes. Il s’avère que l’on m’en parle tous les jours. Pour comparer, et pas toujours à mon avantage d’ailleurs, le travail, la manière surtout. Le comment de ce travail ou le sens de telle notion. La vie – bien sûr c’est un fantasme important dans la relation analytique – de celle ou celui qui occupe la fonction de psychanalyste. Par là même la « découverte » que psychanalyste est une fonction et non un « être » ou une « essence ». On n’est pas psychanalyste comme on est petit.e, brun.e ou blond.e, mais seulement le temps de la séance, un temps à reprendre à chaque fois, il s’agit de recommencer à occuper cette fonction et cette place-là. Hors de ce temps-là, l’existence boite comme pour tout le monde. Et la psychanalyse, pour reprendre les mots de Freud, c’est entre mille autre choses ce qui permet de considérer que « boiter (…) n’est pas un péché. »

Cela peut paraître rien, ou presque rien. C’est vrai. Mais le « presque » fait la différence. Et c’est la matière même de la psychanalyse. En thérapie apprend ou rappelle que la psychanalyse est cet accueil de l’inframince, du presque rien, de l’infraordinaire. Ecouter cette micro-nuance qui se donne dans la parole, et non seulement dans ce qui se dit, mais encore dans ce qui ne se dit pas dans ce qui se dit, c’est cela l’accueil de l’oreille de l’analyste. Accueillir est écouter. Ralentir. Prêter son oreille à ce qui prend le nom ou la figure du rebut, du déchet, des fissures, des marges, de ce que soi-même ou les autres le plus souvent, jettent, repoussent, oublient, éloignent, excluent, c’est bien le vif de l’analyse. Art des détails. Oxymoron magnifique de Lacan : science de ce qui ne marche pas. En thérapie marche parce que c’est la mise en image de l’accueil de ce qui ne marche pas.

Un dernier mot. Le plus important puisqu’il y va de ce qui vient. Ce faire avec ce qui arrive, et quoi que soit ce qui arrive, fait de la psychanalyse un synonyme du politique. Comment ne pas voir cela dans ce autour de quoi tourne obsessionnellement la série elle-même : la terreur qui s’est abattue sur le pays le 13 novembre 2015.

C’est alors le point nodal ou minimal du politique, qui apparaît à l’image dans la pratique analytique : l’inquiétude pour la survie des corps parlants les uns avec les autres. Où s’entremêlent inextricablement le singulier et le multiple, l’unique de la parole et le pluriel des corps. Sans cela, il n’y a ni psychanalyse, ni politique. En thérapieest la mise en images de ce fait étonnant que le lien social s’allonge (ou s’assoit, qu’importe) tous les jours et plusieurs fois par jour sur le divan des psychanalystes.

Il n’y a donc pas de psychanalyse qui ne soit engagée par la chose politique. Que les psychanalystes l’acceptent ou le refusent, d’ailleurs. Faire avec ce qui arrive oblige. Oblige n’en déplaise à certain.es, à être altéré sans cesse par ce qui vient et à se laisser interroger et se reprendre, se théoriser, se repenser depuis et avec, oui avecles questions postcoloniales, les différences sexuelles, les identités multiples et mouvantes, les mises en questions trans les plus radicales. Etre dérangé et plongé dans le non savoir de ce qui arrive, avoir à bricoler avec cela, c’est le quotidien de la psychanalyse et ce quotidien est l’extraordinaire même. Il s’agit alors d’élargir les corpus, agrandir la boite à outils, renouveler interminablement son épistémologie. Et là où l’on peut commencer par être agacé par le côté penaud du bon Docteur Dayan, regarder bouger l’image du corps du psychanalyste finit par nous faire entendre tout cela.

En thérapie montre qu’à venir est l’autre nom de la psychanalyse. On l’avait certainement oublié. Il faudra penser à une rétrocession d’honoraires.

 

Stéphane HABIB.

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/stephane-habib/blog/060221/en-thérapie-la-psychanalyste-redecouverte

 


 

Communovirus