La Société Psychanalytique de Tours

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Activités › journées d'étude

Ouvert à tous

Journée d'étude - 6 mars 2010

Les états d’âme de la psychanalyse


Cette journée fera l’objet de l’audition et de l’étude de la conférence de Jacques Derrida faite à la Sorbonne lors des États généraux de la Psychanalyse en Juillet 2000 (Éditions Galilée, Paris, 2000). Elle se déroulera donc en deux temps :
De 10h à 12h30 : Écoute intégrale de la conférence de Jacques Derrida.
De 15h à 18h : Débat sur la teneur et la portée de cette conférence avec nos invités : Marc GOLDSCHMIT, chercheur à l’Institut des Hautes Études en Psychanalyse, professeur à l’université de Lille et Jérôme LÈBRE, chercheur à l’Institut des Hautes Études en Psychanalyse, professeur de philosophie en classes préparatoires.

Inscription au secrétariat de la Société Psychanalytique de Tours : 06 32 96 47 66

Entrée libre pour les adhérents après inscription
35 euros la journée pour les personnes extérieures à la Société



Journée du 28 mars 2009

Claude JEANGIRARD : Psychiatre. En 1956, il a fondé et dirigé la clinique de Chailles (La Chesnaie).

Ancien élève de Daumezon et de Henry Ey, il était porté par le courant issu des travaux appelés ultérieurement psychothérapie institutionnelle et qui résultaient des enseignements de la période de guerre et des idées nouvelles, humanistes, progressistes et inspirées par la psychanalyse. Il remettait en cause la dimension et le fonctionnement des hôpitaux psychiatriques, et préconisait la création d’unités d’une centaine de lits pour se substituer à ces grandes unités ingouvernables et inhumaines.

Les éditions Erès, 2006, analyse laïque - collection dirigée par Pierre Eyguesier.

Claude JEANGIRARD nous commentera son livre sur « l'hospitalité des schizophrènes ».

Depuis quelques décennies, la société devient tellement malade qu'après avoir tout espéré de la psychiatrie et l'avoir exténuée en la chargeant d'une mission sans commune mesure avec ses compétences, elle s'en détourne : suppression des internats de psychiatrie, du diplôme d'infirmier psychiatrique, fermeture des hôpitaux spécialisés. Les malades mentaux étant à présent des "malades comme les autres", elle est devenue une spécialité médicale comme une autre, qui fait de la pharmacologie son arme majeure pour rendre au malade une sociabilité le destinant à la prise en charge de services sociaux éclatés, aux conditions de travail acrobatiques, et qui n'assurent plus la continuité que le défunt Secteur, désavoué de sa fonction faute de personnel en nombre approprié, avait pour principe d'assurer - tâche essentielle à la reconstruction du malade mental chronique. C'est en effet de lui qu'il s'agit ici, objet oublié dans la débâcle. - (C. Jeangirard.)

Journée du 7 Février 2009

Yolande MILLE, doctorante en philosophie, exerçant la psychanalyse à Saumur et toute nouvelle sociétaire, viendra animer notre première journée d’étude.

Argument : « La trinité constitutive de la personne en philosophie et en psychanalyse ».

« La psychanalyse parle rarement de la personne et lui préfère le sujet de l’inconscient. Pourtant chez LACAN lui-même est présent l’écho à la réflexion chrétienne trinitaire qui historiquement est à l’origine de la naissance de la notion de Personne. Si Saint Augustin comprend que l’unité personnelle de l’être humain n’est pas celle qui dépend du même, il reprend la distinction faite avant lui, reconduisant l’unité de la personne humaine à l’image des personnes divines et non à la Personne de Dieu. L’unité de la Trinité est celle d’une seule activité, d’une seule substance là où il y a trois personnes. Elle échappe donc à l’héritage grec qui fait de l’être individuel existant la manifestation de l’universel, mais plus encore, refusant aussi bien l’idée sabellienne de trois rôles sans consistances propres, que l’idée de trois substances ; elle fait de la notion de personne le concept de l’unité par l’altérité et de la division. LACAN au contraire montre des structures dans lesquelles s’entrecroisent de manières différentes trois cercles - Symbolique, Imaginaire, Réel - « en lien » avec Un sujet de l’inconscient. Où est alors l’unité ou l’identité de la personne humaine en psychanalyse ? Le sujet de l’inconscient n’est ni le sujet du droit ni celui grammatical de ses droits, de ses libertés, de ses devoirs, etc. ; mais lorsque l’on parle du respect de la dignité de la personne - dont on a oublié qu’elle n’est associée à la personne que par le biais de la réflexion trinitaire qui la fonde officiellement et intrinsèquement - la psychanalyse est-elle concernée ? La psychanalyse peut-elle faire sans la dignité de la personne parce qu‘elle se passe de l’unité de l’essence, d’une certaine compréhension de la substance, et d’un homme fait « à l’image… comme ressemblance » (d’un Autre) ? Le sujet de l’inconscient peut-il impliquer l’altérité et la division immanentes, réaffirmer une unité autre que celle du même ; si la psychanalyse pense encore de manière floue et réductrice, l‘héritage dans lequel elle puise.

Samedi 29 mars 2008

Maryse LE BLEIZ et Graciele CRESPIN étaient nos invitées autour des questions soulevées par la clinique de la psychose chez l’enfant.

Argument : Soins aux enfants psychotiques et autistes

Nous avons tenté tout au long de cette journée de réfléchir ensemble à ce que nous mettons en œuvre dans nos pratiques de soins quand nous nous adressons à des enfants psychotiques ou autistes, « structures » que nous pouvons distinguer dans la clinique et dans le champ de la psychanalyse. Nous prendrons la notion de soin au sens large, qu’il s’agisse de la position du soignant en institution ou de l’analyste dans sa position d’analyste, et nous nous référerons à la psychanalyse. Chacun de sa place pourra témoigner de sa pratique, livrer son expérience, de là où il se sent être destinataire d’une adresse restée en mal de symbolisation en regard de sa pensée sur l’enfant.

Graciela Cullere‑Crespin, psychanalyste à Paris, nous fera l’honneur de nous aider dans nos élaborations. Elle fait partie, avec Marie‑Christine Laznik, du groupe de recherche et de prévention de l’autisme. (P.R.E.A.U.T.). Les résultats de cette recherche ont considérablement contribué à éclaircir la clinique psychanalytique en ce qui concerne la connaissance des processus autistiques. Leurs fondements théoriques s’appuient sur le fait qu’il y aurait un ratage du troisième temps pulsionnel oral chez le bébé atteint de troubles autistiques (hypothèse avancée par M‑C Laznik).

Freud1 décrit ce troisième temps du déroulement pulsionnel comme celui où le bébé se fait l’objet de satisfaction de l’Autre. Alors que dans le premier temps le bébé s’élance vers l’objet de satisfaction et que dans le second, auto‑érotique, il y a un retour sur le corps propre quand le bébé prend une partie de son corps comme objet de satisfaction. De ce troisième temps, Lacan2 dit que c’est le temps de « se faire ». Il s’agit d’une apparente passivité dans laquelle quelqu’un se laisse regarder, se laisse manger… dans le jeu du faire semblant. C’est en venant crocheter la jouissance de l’Autre que l’opération d’aliénation se fonde et l’entrée dans le champ de l’Autre. Nous ne pouvons guère parler d’appétence symbolique chez le jeune autiste qui ne réinitialise pas l’échange. C’est donc à cet endroit‑ci des opérations d’aliénation à l’Autre primordial et de séparation, que nous nous attarderons, à partir de la mise en place de la dynamique pulsionnelle, tant pour les enfants autistes que d’une façon différente pour les enfants psychotiques.

__Maryse LE BLEIZ

Référence bibliographique pour cette journée :

Dans son livre : L’épopée symbolique du nouveau‑né, de la rencontre primordiale aux signes de souffrance précoce 3 paru en décembre 2007, Graciela Cullere‑Crespin retrace vingt années d’expérience partagées entre sa place d’analyste et son travail de prévention dans des équipes pédiatriques.

Cet ouvrage est un outil de travail clinique et conceptuel qui s’adresse à tous les professionnels s’occupant d’enfants mais aussi d’adultes :

Mon intérêt pour les troubles graves du développement tient à ce qu’ils mettent à nu, qu’ils rendent visibles, comme un film qui se déroulerait au ralenti, les processus sous‑jacents à l’émergence subjective. Ces enfants mettent des années à regarder, à parler, ce que les enfants se développant normalement font en l’espace de quelques semaines à quelques mois. Un autre enseignement que je retiens de ce parcours, c’est que le savoir spécifique du thérapeute est extrapolable dans des situations hors cadre de la cure classique, et qu’il peut être mis à disposition des personnels médicaux et éducatifs qui entourent les enfants dans de nombreuses institutions